TotalEnergies a réalisé au deuxième trimestre 2022 un résultat net ajusté de 9,8 Mrds $ et un résultat net IFRS de 5,7 Mrds $, faisant le buzz autant au niveau financier que politique. En effet, la multinationale française a affolé les compteurs grâce à une hausse de 65% du cours du brut ainsi qu’une multiplication par 14 de la marge de raffinage. Le cours de TotalEnergies affiche une performance annuelle de 11,5%.
Aussi, sur le premier semestre 2022, le résultat net publié est de 10,6 Mrds $ (+92%) tandis que le résultat net ajusté est de 18,8 Mrds $ (x 2,9). De même, l’EBITDA ajusté 2022 S1 a titillé les sommets avec un niveau de 36,2 Mrds $ (x 2,1). Ainsi, le cash-flow net de TotalEnergies ressort à 17,1 Mrds $ au premier semestre 2022 contre 4,6 Mrds $ un an auparavant.
Le meilleur commentateur de ces réalisations est Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies qui a annoncé que les effets de l’invasion de l’Ukraine par la Russie sur les marchés énergétiques se sont poursuivis au deuxième trimestre, les prix du pétrole dépassant les 110 $/b en moyenne sur le trimestre, les marges de raffinage atteignant des niveaux exceptionnellement élevés, les prix du gaz demeurant au-delà des parités pétrole en Europe et en Asie. Dans ce contexte, TotalEnergies s’est mobilisée avec des ventes de GNL de 25 Mt sur le semestre, dont 60% en Europe tandis que les raffineries de TotalEnergies ont enregistré un taux d’utilisation de près de 90%.
Patrick Pouyanné a ajouté que le secteur iGRP (integrated Gas, Renewables & Power) réalise un résultat opérationnel net ajusté de 2,6 Mrds $ tandis que l’Exploration Production affiche un résultat opérationnel net ajusté de 4,7 Mrds $ $. Aussi, l’Aval a bénéficié de marges de raffinage très élevées sur les distillats et l’essence pour afficher un résultat opérationnel net ajusté de 3,2 Mrds $, en forte hausse sur le trimestre.
Dans ce contexte, la compagnie a fait un geste en France et annoncé un programme de réduction des prix à la pompe au bénéfice de ses consommateurs français. En effet, TotalEnergies a annoncé un programme de réduction des prix dans toutes ses stations-service en France jusqu’à la fin de l’année. Ainsi, du 1er septembre au 1er novembre, TotalEnergies baissera le prix des carburants pétroliers vendus en stations de 20 cts €/litre par rapport aux prix formés sur les cotations des marchés internationaux, puis de 10 cts €/litre du 1er novembre au 31 décembre. Pour rappel, TotalEnergies avait annoncé une remise d’été de 12 cts €/litre du 1er juillet et le 31 août 2022.
Enfin, sans surprise, les rachats d'actions de TotalEnergies devraient atteindre au moins 7 Mrds $ en 2022. Ainsi, le major français joue un exercice d’équilibriste pour éviter une taxe exceptionnelle sur ses super-profits surtout qu’une telle mesure en France ouvrirait la porte à d’autres taxes dans d’autres pays. Pire, certains hommes politiques de gauche, réclament carrément un blocage du prix du carburant avec un financement de la part des pétroliers.